Les tribulation d'un Blairon en Chine
Passage de la frontiere lao-chinoise dans le sud Yunnan et, radicalement, tout change en quelques metres. Les maisons de bois ont bien grandi de dizaines de metres ont pris plusieurs tonnes de beton, les routes se sont elargies et goudronnes et les panneaux publicitaires multipliees. On passe ainsi tristement du paisible age du bois a celui plus agressif du beton.
Quant aux individus, ben, la plutot mauvaise image qu'on a d'eux en France n'est pas du tout justifier. Les chinois sont, il estr vrai, un peu froid au premier regard mais avec un peu d effort et d'imagination, on peut esperer quelques jolis sourires.
Le fameux raclement de gorge chinois (a la maniere d'un Naranja d'espagnol enerve)peut parfois surprendre. ainsi que le celebre crachat Chinois dans l'allee central des bus ou des trains, et puis bien entendu la nourriture chinoise d'une diversite incroyable, ils bouffent tout ce qui possedent des pattes excepte les tables du gen
re 
la patte de
poulet poilue sous vide aux brochettes de scorpion ou d'hypocampe en passant par toutes sortes d abats, un etudiant en medecine pourrait reviser ces cours rien qu'en se promenant sur les marches de Pekin.
Et bien sur pas un mot d anglais et pas trop d effort de leur part pour vous aider, on retouve vite le plaisir du mime et de la langue des signes.
Bref, toutes ces petites choses qui apportent de belles doses d'exotisme au voyage .
Donc boussole plein nord, azimut Dahi, Lijiang, les gorges du
Tigre, Shangri-la puis arrivee dans l extraordinaire Sichuan tibetain.
Depuis l'invasion du tibet par la chine dans les annees 50 et l'exil du Dalai lama et des autorites spirituelles et politiques en Inde, le gouvernement chinois grignote et dissoud petit a petit la culture tibetaine. Symbole tres fort, la nouvelle ligne de train reliant Lhasa, la capitale tibetaine a la Chine. Lhasa est devenue une ville belle et bien chinoise et aujourd hui, les tibetains y sont minoritaires par rapport aux Hans (Chinois).
Paradoxalement, les tibetains s expriment plus librement dans les provinces chinoises du Yunnan, Qinghai et Sichuan ou ils sont majoritaires dans leur partie occidentale et montagneuse. On y assiste meme a un renouveau des traditions tibetaines.Alors qu'en 1959, l'armee chinoise avait simplement detruit la plupart des temples et monasteres et tout ce qui representaient l'identite tibetaine. Aujourd'hui, temples et monasteres se reconstruisent et retrouvent un peu de leur couleur d'antan, de vieux tresors ayant echappes a la destruction chinoises reapparaissent petit a petit.
Le gouvernement chinois autorisant certaines pratiques tibetaines, s'oppose neanmoins toujours fermement a la liberte identitaire des Tibetains.
Ainsi deux jours avant mon ariivee dans la petite ville de Litang, un jeune de 18 ans, sortant d'un bar un peu emeche a crier un truc du genre ''free tibet'' sur la place du marche; deux ans de prison ferme. Et encore il s'en serait bien tirer.
Les images du dalai lama sont interdites et son nom doit etre prononce avec discretion.Tous les jeunes ont des images du dalai lama sur leur portable et sont tres fiers de les exhiber aux etrangers, c' est con, j' avais oublie de prendre mes images de Sarkozy
avec moi.

Les tibetains se reconnaissent aisement des chinois, plus grand, la peau tres foncee, les cheveux longs, un chapeau type cowboy legerement penche, un bandeau rouge dans les cheveux, un couteau en bandouliere, ils ont vraiment fier allure sur leur destrier motorise ou equestre. Alors que les chinois ont un peu, il est vrai, un regard ferme et un peu abrutit, le regard des tibetains est plutot brillant et profond.
Il est aussi facile d'observer que les tibetains sont de nature beaucoup plus violente que les chinois.He oui, notre image occidentale du gentil tibetain bouddhiste tout calme et du mechant chinois ne s'appliquent pas vraiment aux individus. Les gamins sont bagareurs et les hommes aiment a mesurer leur virilite dans toutes sortes d'epreuves physiques et sportives.
Apres avoir gravi une montagne dominant la ville, je me suis endormi au sommet pres d'un petit monument bouddhiste, je me suis fait reveiller par un jeune tibetain effraye, il parlait anglais (il l'avait
appris en exil au cote du dalai lama en Inde), il m explique qu il ne faut surtout pas s'endormir au sommet des montagnes, c est la demeure des Dieux. Ceux ci prennent les esprits des dormeurs pendant leur sommeil et certains ne se reveillent jamais. Ouf, tu viens de me sauver la vie mec.
Ce jeune gardait un troupeau de yacks dans les montagnes et je suis finalement reste deux jours avec lui, sa famille et ses bestioles que j ai appris a conduire et a aimer. Et oui regime a base de yack; beurre de yack, the sale au beurre de yack, lait de yak fermente ou encore tartare de yack (mais c'est dommage ils avaient oublie les capres, la sauce worchester, le ketchup et le jaune d'oeuf).
Dans leur maison immense ou les betes sont au rez de chausse, la vie familiale au premier etage et les cereales sechant sur le toit, ils dorment tous dans la meme piece. La plus grande piece de la maison est la piece reserve a Dieu, aux prieres, a la meditation et au recueillement. Une immense piece resplendissante, colore, ou de l encens brule continuellement. Des images du dalai lama, du bouddha, de certains dieux hindous, de lhasa, le tout enguirlande et eclaire nuit et jour.
Dans cette piece, des tangkas (peintures sacrees sur tissu) multicentenaires qui valaient chacune des centaines de milliers d'euros. Et oui famille tres modeste mangeant du riz et du Yack mais finalement detentrice de fabuleux tresors.
Ce fut une magnifique decouverte de la riche culture tibetaine et de leur pratiques religieuses bouddhiques, tantriques et chamanique.
J'ai notamment pu assister a un "enterrement celeste", surement la chose la plus ''extraordinaire'' qu il m etait donne de voir a ce jour. Par respect pour la famille du defunt et aussi pour mon futur equilibre psychologique, j ai prefere rester un peu eloigne de la scene sur la colline en face.
Aux abords de la ville, le corps du defunt est place sur un autel en pierre, deux moines en robes blanches s ammenent pres du corps entoure par la famille. l un des moines sort alors un grand couteau et, en decrivant des cercles avec son couteau, chante des mantras (formules magiques. Puis il
commence a decouper le corps en fines tranches....Je passe certains details.
Pas moins de 5 minutes plus tard un premier vautour commence a tournoyer dans le ciel puis vient gentillement s' asseoir pres de la planche a decouper, en se lechant les babines (en supposant que les vautours aient une langue et des babines) puis un deuxieme le rejoint, et en dix minutes c est, peut etre, une cinquantaine de vautours qui encerclent sagement les deux bouchers. (Les vautours sont consideres commes des oiseaux sacres par les tibetains) et non comme de vulgaires charognards.
Quand le corps est tranche, les deux moines et la famille s ecartent prestement du corps et tous les vautours se jetent sur les morceaux avec une voracite et des cris completement effrayant. En moins de 10 minutes, leur premier repas est termine, les moines reviennent alors pres du corps et broient a grand coup de pierres les os ronges du defunt et les melangent avec une sorte de farine puis s'ecartent a nouveau pour laisser les vautours finir leur repas.
La famille ne perd pas de vue un instant la scene et voit ainsi leur proche disparaitre integralement en moins d'une demi heure.