Nepal
Atteindre Katmandhou en bus est une sacree mission: routes de montagne bien flippantes, chauffeur ennerve a l haleine peu rassurante, chutes de pierres, crevaisons ou encore barrage de revolutionnaires maoistes.
L arrivee a " Kat" est un peu deconcertante, la ville ne correspond pas du tout a l image que l on peut s'en faire apres avoir lu Flash ou ecoute Cat Stevens.''Kat" n est pas du tout la ville peinarde de hippies qui planent dans un nuage de fumees opiacees. Non, c est bien un nuage de pollution dans lequel baigne la ville, Kat est hyper pollue, bruyante, bordelique, comme une ville indienne, et les beatniks ont fui.
Les nouveaux hippies ont troque leur gilet en poil de yak contre des vestes North Face, leurs sandales contre des Salomons et leur maigre baluchon contre des gros sacs decathlon 80 litres (comme moi d ailleurs hehehe).
Et oui Thamel, le quartier touristique de la ville est envahi par les montagneux, soit on part de kathmandou vers les montagnes et on fait alors le plein de matos de randos pas cher, soit on en revient et alors on ne reve que d une chose apres 15 jours de riz lentilles, c'est d'un enorme steak frite.
Mais a cote de ca, la vallee de Katmandou possede une sacree histoire avec une sucession de religions, de royaumes et recemment de gouvernement. Une histoire bien mouvementee pour un si petit pays comme cette tragique et morbide h
istoire en 2001. Lors dun repas de famille, le prince tua son pere, le roi ainsi que10 autres membres de sa famille avant de se tirer une balle dans la tete. Aujourd hui, le parti maoiste et les membres du congres continuent a se lancer la balle du pouvoir nepalais.
Bien que majoritairement hindouiste, le nepal accueille beaucoup de refugies tibetains vivant en communaute aux peripheries de la ville autour de lieux sacres bouddhistes, comme le stupa de Bodnath. Symboliquement, dans l ordre croissant de subtilite des elements; la base carree du stupa represente la terre, le dome: l'eau, la spirale conique, le feu; la demi sphere inversee, l air et la goutte enflammee culminante, l espace. Cela correspond egalement aux differents niveaux d evolution de l esprit.
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Apres l hindouisme et le bouddhisme, le tourisme est la troisieme religion du pays, evidemment les pelerins etrangers viennent s approcher des Dieux, perches sur les plus hautes montagnes du monde.
Trek des Anapurnas

L ami, Pascal, en conges de ces petits eleves d expat de Shangai me rejoint a Kat, 6 heures de bus et depart pour le
fameux trek des Anapurnas.
Pour tous les amies Isariennes qui ont l intention de s'envoler autour des Anapurnas l' annee prochaine, surtout ne lisez pas les forums de voyageurs internautiques qui conseillent evidemment de prendre un guide, un porteur, plein de pastilles multicolores et du matos a faire plier un ane en deux.
Le chemin est tres frequente(principalement par des porteurs locaux amenant les ravitaillements aux
villages d'altitude) et il est impossible de se perdre sur ce trek.

Il y a meme une tendance assez surprenante, c est le plus souvent des touristes assez agees qui prennent un jeune guide qui se sent alors oblige, apres la journee de marche, de guider la madame vers d autres cieux. Ainsi un guide racontait que certaine "randonneuse" choisissaient leur petit guide Nepalais sur photos et sur son statut de celibat directement de leur pays et que c etait de plus en plus frequent. Drole de truc.
12 jours de bonne marche ont suffit pour faire la boucle commencant de Besi-sahar (760m), qui passe le col de Thorung la a 5500m puis redescent par la vallee de Jomson pour finir a Nayapul.
Au fil de l'altitude, les paysages riches et verdoyants s'appauvrissent et se grisent, les terrases cerealieres et les champs de cannabis font place aux forets de conniferes puis a de maigres arbustes plies par le vent, les villages de chaumes se changent en pierre, les visages s'arrondissent, se plissent et rougissent alors que l air se fait plus rare et que
les neiges eternelles se rapprochent.

Bon vous imaginer bien que quand un pinardier et un corse assoife se retrouve, ce n est pas uniquement pour faire de la marche. De plus, n oublions pas que j'ai un metier et qu'il me tient a coeur...
On a donc passer pas mal de soirees et meme une journee entiere a deguster les fermentations locales, plutot interressantes, qui elles aussi evoluent avec l altitude. Du tciang (biere de cereales tibetaine a base de riz ou de millet )qui a plus l allure dun milk shake que d une biere et qui fait
aussi office de repas) au Rochsi (distillation de cette meme biere) et meme du Calva maison a Marpha, la capitale nepalaise de la pomme.
On a notamment passe une sacre journee a Manang qui a commence a 7 h du mat quand juste avant de partir le gars du gite nous offre un Tciang histoire de nous donner un peu de courage avant la marche.
impossible de refuser,. Resultat, on a avance de deux km et on a fini a 2 heure du mat dans un boui boui a boire plein de trucs bizarre et a manger des couilles de Yak avec une bande de Sherpas ravis.
Voila, ce qui etait censee etre la journee d acclimattion au mal d altitude. Inutile de preciser que le lendemain les 1700 m de denivelle de 3000 a 4700 nous ont ont fait tres tres mal, on chantait un peu moins sur les chemins et le mal de crane ne venait pas de l altitude.
TREK D' HELAMBU- LANGTANG
Avec des paysages il est vrai moins impresionnants et moins diversifies que le trek de anapurnas, il est beaucoup moins frequente et donc quand on part seul et sans cartes, il arrive quelques aventures.
Ainsi le deuxieme jour, je croise une vieille femme de 91 ans qui rejoignait sa famille et devait faire comme moi ses 2000m de denivelle dans la journee. Comme un gentil garcon, je l'aide a gravir un passage delicat en lui tendant la main et ben cette main elle ne la pas lache jusqu au soir. Incroyable femme qui fumait a chaque pause deux cigarettes (et non! fumer ne tue pas toujours), qui marchait pieds nus et qui m a meme fait des avances dans un coin de jungle reculee. Pas froid aux yeux la mami.
Moi persuade qu' elle connaissait le chemin et elle croyant que je le connaissait , eh bien on sest perdu et on s est retrouve a descendre dans la mauvaise vallee. De jeunes chasseurs d 
oiseaux joueurs de pipeaux nous expliquent qu on vient de marcher trois heures pour rien et qu il faut tout remonter.J ai cru que ma partenaire allait s'effondrer mais non elle s'assoit, implore Shiva, fume une clope et on repart. on arrive finalement la nuit tombante au village ou les villageaois la ramasse a la petite cuillere quand elle eclate en sanglot. Mais tout est bien qui finit bien.
Le lendemain, je me reperds et suis oblige de dormir en pleine jungle. Le brouillard m' empechant de voir la moindre issue, j ai du attendre le ciel degage du petit matin pour pouvoir me reperer et retrouver le sentier qui montait vers le col enneige de Gosaikund a 5100m. J 'ai d'ailleurs ressenti un drole de truc au passage du col, j avais croise personne de la journee, il neigeait, tout etait blanc. Je me suis assis sur le Cairn du sommet et j ai eu, je crois une sorte d euphorie liee a l altitude (comme les plongeurs dans l autre sens), je me suis assis dans la neige et j ai commence a rigoler tout seul comme un gaga. J ai eu l impression de perdre un peu conscience de moi meme alors que la neige continuait a tomber.
Apres un certain temps non mesurable, j ai repris en quelques sorte connaissance et suis reparti. Il etait temps que je redescende.